Alain Iametti

Alain Iametti

Lettre d’un écrivailleur…

Chère consœur,
Cher confrère,
J’ai la mission, fondamentalement humaniste, de vous accompagner sur la voie conduisant à « L’écriture plurielle » et le Troisième salon qu’elle organise.
Souffrez, selon la formule désuète du grand siècle, que j’inscrive mon projet de relation avec votre auguste personne dans un cadre à trois paramètres qui me dirigent depuis que je gambade.
Le sieur Confucius en premier… il est à la mode depuis 28 siècles, il écrit :
« Si tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler. Si tu rencontres un homme médiocre, cherche ses défauts en toi-même ! » C’est le ton de notre futur contact. En réécrivant l’apophtegme du sage, je poursuis la comparaison « si tu rencontres chez moi quelques lumières eh bien, pioche ne t’en prive pas, en revanche si tu constates du radotage de cacochyme… prends garde il te guette ! »
Car j’ai vécu le parcours de l’écrivailleur qui veut pondre un texte de valeur. Pour cette drogue, j’ai lu, je t’assure les auteurs, j’en ai analysé les développements, les thèmes, les syntaxes. Comme toi, tout seul dans ma caverne, j’ai été confronté à cette incertitude… ce que j’écris est-il tout simplement bien écrit ? J’ai laissé reposer, j’ai relu, sabré, attendu un avis éclairé, ils éludaient souvent ma question…
Amis, consœur et confrère… je sais, nous pourrons perdre haleine en échanges sur ce thème, je te livrerai ce que j’ai comptabilisé.
Le second paramètre qui encadre notre relation s’inscrit dans l’espace ontologique qui me caractérise : le pèlerinage à Compostelle, tu vas en comprendre l’analogie.
Le début est une aspiration, puis une décision, enfin un départ, d’étapes en étapes naît l’expérience c’est-à-dire les contraintes, le froid, le vent, la pluie, les kilomètres restants, les retards d’arrivées aux gîtes pour trouver un lit… et enfin après des jours de joies et de doutes voilà les flèches de la cathédrale.
Ce cheminement est bien celui de l’écriture. J’ai prolongé cet acquis en devenant : hospitalier. Dans le gîte j’attends le pèlerin qui vient de faire plusieurs dizaines de kilomètres… je lui dis simplement : « Pose ton sac, assieds-toi, tu bois un thé du café un sirop… tu veux croquer un biscuit… tu n’es pas obligé de dire une parole… je sais ! »
Amis, consœur et confrère… je vous offrirai ce même schéma… puis lorsque le climat sera apaisé nous pourrons causer.
Enfin, après ces étapes d’apprivoisement nous aborderons le nœud du sujet, le fond. J’appelle mon troisième témoin, le sieur Flaubert… il aurait formulé :
« Je décris ce que tout le monde voit mais que personne ne remarque »
Autrement dit qu’est-ce qui caractérise mon art pour décrire un sujet sur lequel depuis des siècles des écrivains ont tracé leur sillon. En quoi suis-je original ? Et pourquoi pas se poser la simple question : « Pour dire quoi ? »

Voilà Chers consoeur et confrère, le scénario par lequel j’envisage notre rencontre, tel Montaigne qui tentait de « frotter et limer sa cervelle contre celle d’aultruy » Nous presserons les deux quartiers de l’orange pour en tirer le substantifique nectar… et les techniques surgiront.
Nous commencerons si vous le voulez bien par un premier contact sur le Net, il suffira d’un courrier qui répondra à cette lettre et nous ouvrirons les débats selon un tempo adapté à chacun.
Si ce cheminement vous convient…
Je vous attends… en lisant… j’ai tant de lectures en retard.
Bien cordialement.
Alain Iametti

N.B : Biographie
Alain Iametti est né à Orange, le 7 juillet 1942. Dans le mas provençal de ses jeunes années, il découvre l’entomologie et se passionne pour cette science. Il rêve alors de devenir le nouveau Jean-Henri Fabre. L’évolution de sa réflexion lui révèle un autre projet : mettre en parallèle les métamorphoses de l’« insecte-invertébré » avec les fièvres révolutionnaires du « bipède-sapiens ». Il entreprend donc l’étude de diverses techniques d’observation : le dessin, la photo, le film, la lecture, la musique, et part se dépayser sac au dos, en effectuant divers pèlerinages, notamment vers Compostelle, ou en séjournant en Chine du Nord-Est.
Après une expédition de quarante ans dans l’industrie, l’auteur, devenu cénobite, décide désormais de faire aboutir ses grimoires en privilégiant deux genres littéraires : le théâtre et le récit.
Il apparaît alors sous le nom de plume alain harmas, en hommage au maître des insectes. En provençal, l’harmas est une terre en friche sur laquelle on laisse librement la vie sauvage éclore… Il n’y a pas d’âge pour écrire !

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